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  • Bénin : À Porto-Novo, John Gbénagnon et ISO distribuent des kits scolaires complets à 115 orphelins

    Bénin : À Porto-Novo, John Gbénagnon et ISO distribuent des kits scolaires complets à 115 orphelins

    Samedi 29 Août 2026, cent quinze (115) enfants orphelins du Cour Initial première année jusqu’en classe de Terminale ont reçu un kit scolaire complet lors de la cinquième édition d’une distribution organisée par une association du département du Plateau. Reportage sur une matinée qui a réglé, pour plusieurs familles, la question la plus redoutée relative à la rentrée des classes. 

    Par : Chafick FAGBÉMI  

    © BOULEVARD DES INFOS

    Ils étaient arrivés bien avant l’heure. Samedi matin à Porto-Novo, les premiers enfants attendaient déjà, accompagnés d’une grand-mère, d’une tante, d’un grand frère, ou d’une responsable de structure d’accueil. Certains avaient mis leur plus belle tenue. D’autres étaient venus comme ils étaient. La cérémonie n’avait rien de fastueux. Des chaises, une sonorisation modeste, et surtout des cartons empilés à l’arrière, ouverts au fur et à mesure. C’est de ces cartons qu’est sortie la matière de la matinée : cent quinze (115) cartables complets, préparés et vérifiés un par un pendant les semaines précédentes. 

    Cent quinze bénéficiaires appelés un par un 

    Le passage le plus important de la matinée a aussi été le plus simple. Les noms ont été appelés. Chaque bénéficiaires s’est avancé, a reçu son sac, et s’est retourné à sa place. La scène s’est répétée cent quinze fois. Elle avait quelque chose de mécanique, et pourtant chaque appel produisait le même petit mouvement dans l’assistance : une tête qui se relève, un accompagnateur qui pousse doucement l’enfant vers l’avant. 

    Pour beaucoup de ces enfants, être appelé par son nom devant une assemblée est rare. La perte d’un parent installe souvent une discrétion durable, une manière de ne pas se faire remarquer, de ne rien demander. Entendre son nom prononcé publiquement, et repartir avec quelque chose qui vous appartient en propre, n’est pas la même expérience qu’une aide reçue en cachette. 

    Ce qu’il y avait dans les sacs 

    Les kits distribués avaient été composés en fonction du niveau scolaire de chaque bénéficiaire. Cahiers, stylos, crayons à papier, crayons de couleur, gomme, taille-crayon, règle,  ardoise pour les plus jeunes, et un sac assez robuste pour tenir jusqu’aux vacances. Rien de superflu : le contenu correspondait à ce que les listes de fournitures exigent réellement pour l’année scolaire qui s’ouvre. 

    Cette exigence de complétude était au cœur du dispositif. Un demi-kit ne  règle rien.  L’enfant qui arrive avec deux cahiers au lieu de six est en difficulté avant les composition du premier trimestre. Le choix avait donc été fait de servir moins d’enfants avec un kit complet plutôt que davantage avec un kit partiel. 

    Les accompagnateurs, bénéficiaires silencieux 

    Ils étaient nombreux dans la salle, et aucun kit ne leur était destiné. Une grand-mère qui reçoit deux petits-enfants après un décès voit ses charges augmenter sans que ses  revenus ne bougent d’un franc. Plusieurs des adultes présents samedi savaient depuis des semaines qu’ils ne pourraient pas acheter lesfournitures. 

    Le mois d’août est la pire période pour cette dépense. Il précède les récoltes, la trésorerie des ménages est au plus bas, et la liste de fournitures arrive au moment où il n’y a rien. Ce que la matinée a réglé, pour ces familles, ce n’est pas seulement un cartable. C’est un arbitrage qu’elles n’auront pas eu à faire entre plusieurs enfants de la même maison. 

    Cinquième édition 

    L’opération, conduite par l’association Ifangni Sohoutou Omnisports, en était samedi à sa cinquième année consécutive. Son président, John Sohoutou GBENAGNON, remet des kits scolaires à des enfants orphelins à l’approche de chaque rentrée depuis cinq ans. 

    Cette répétition change tout. Les familles présentes savaient que d’autres étaient passées avant elles, et que l’opération reviendrait l’année prochaine. Cette prévisibilité modifie leur comportement dès le mois de juillet : elles n’engagent pas de dépenses ruineuses au dernier moment, elles ne retirent pas un enfant de l’école par précaution. 

    Des semaines de repérage 

    Le travail décisif avait été fait bien avant samedi. Il avait fallu identifier les bénéficiaires un par un, avec des responsables de structures d’accueil, des chefs de quartier et des enseignants. La plupart de ces enfants ne vivent pas en institution mais chez un parent élargi, ce qui les rend invisibles pour les dispositifs administratifs. Aucun formulaire ne permet de les atteindre : seules des personnes qui connaissent les maisons une par une le peuvent. 

    Une association née du sport 

    Ifangni Sohoutou Omnisports est basée à Djégou-Djèdje, dans la commune d’Ifangni,  à courte distance de Porto-Novo.

    C’est à l’origine une structure omnisports, avec ses équipes et ses catégories de jeunes. Qu’elle consacre une matinée d’août à des fournitures scolaires peut surprendre. La logique est pourtant directe. 

    Un entraîneur de jeunes voit ce que peu de dispositifs institutionnels détectent : quel joueur a cessé d’aller en classe sans que sa famille l’ait signalé, lequel est disponible tous les matins parce qu’il a décroché. Le terrain est un poste d’observation sociale, et la distribution de samedi était la réponse apportée à ce que cette observation révèle chaque année. 

    L’association fait aussi vivre, depuis 2023, le Festival des Sports et de la Culture du Plateau, qui a réuni plus de trente-cinq mille participants. Rassembler d’un côté, corriger de l’autre : la logique est la même d’un bout à l’autre de l’année. 

    Dans quelques jours 

    À la fin de la matinée, les groupes se sont dispersés. Des enfants tenant leur sac à deux mains, des accompagnateurs soulagés, des responsables de structures repartant avec plusieurs kits pour ceux qui n’avaient pas pu venir. 

    À la reprise des cours, ces cent quinze enfants pousseront la porte de leur classe avec le matériel demandé. Personne dans la cour ne saura d’où vient leur cartable, et c’était précisément le but recherché. Un enfant équipé cesse d’être identifié comme celui qui n’a rien. Il redevient un élève parmi les autres. 

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