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Bénin : Clémence Ewé, la femme qui lutte contre les déchets de mer à la plage à Grand-Popo

Par : Is-Deen TIDJANI
© BOULEVARD DES INFOS

Il sonnait 7 heures ce mercredi 14 Mai 2025, sur les bordures de la plage de Grand-Popo, la cité balnéaire. Le soleil déployait timidement ses rayons sur la côte en cette période de l’année. Contre les sons des vagues de la mer en furie, qui viennent s’échouer sur la digue de sable marin et la brume matinale qui réduit la visibilité, se dressent les cliquetis du balai de fer d’une silhouette en mouvements rythmés. Clément Ewé, la trentaine environ, native du village Ewé-condji et mère d’un enfant, s’applique rigoureusement à débarrasser un long périmètre de la bordure de cette plage de Grand-Popo des déchets rejetés nuitamment par les vagues houleuses.

Armée de son balai de fer à longue manche, d’un bidon jaune de 25 litres en guise de poubelle et d’un gilet rose flanqué de l’effigie d’une ONG de la place, cette jeune dame s’emploie comme à l’accoutumée, à regrouper en tas, ces déchets rejetés par la mer.

Approchée, elle nous confie son histoire de femme battante qui ne veut se laisser ni à la facilité encore moins à la fatalité. De son histoire, on retiendra qu’elle fait ce job deux fois par jours et cinq fois la semaine.

« (…) Je viens ici deux fois par jours. Les matins, de 7 heures à 11 heures, et de 15 heures à 17 heures les soirs, sauf les jeudis et les dimanches», a-t-elle dit en guise d’annonce de son calendrier hebdomadaire de travail.
Appartenant à un groupe de jeunes hommes et jeunes dames qui opèrent sur un périmètre bien défini au niveau de cette plage, Clémence Ewé, rassure que ce travail bien que difficile, est le seul moyen par lequel elle arrive pour le moment à joindre les deux bouts. « (…) Mon travail consiste chaque fois que je viens ici, à débarrasser la plage de ces déchets. À rendre cette partie de la plage bien propre et jolie à voir. Je fais ce travail contre rémunération bien sûre. Bien que difficile, c’est le seul job qui me permet jusqu’à nouvel ordre de joindre les deux bouts. Alors je m’applique comme je le peux.» rappelle-t-elle sourire aux coins des lèvres en guise de motivation.

Difficultés d’un travail harassant !

Ce travail qui occupe les journées de Clémence Éwé n’est pas sans difficultés. Elle précise que par moment, d’aucun confondrait leur tâche à un travail de fou. « (…) En cette période particulièrement, le travail est un peu difficile parce que la mer rejette beaucoup de déchets. Parfois, on constate que juste quelques minutes après notre passage (nettoyage, ndlr), qu’il y a encore beaucoup de déchets qui sont rejetés par les vagues. Cette situation nous rend la tâche très pénible. Avec un sentiment de découragement par moment, on constate que le périmètre que tu as finis de nettoyer à 11 heures redevient tout sale juste après quelques minutes. Et là, tu es obligé de reprendre le travail» argue-t-elle d’un regard scrutant l’horizon.

L’autre difficulté majeure que rencontre Clémence dans l’accomplissement de son travail est le retard du payement de leur salaire par la structure responsable du nettoyage de ce périmètre de la plage de Grand-Popo. « (…) Depuis un bon moment, il faut attendre plusieurs jours après la fin du mois avant de percevoir le salaire. C’est une situation très difficile pour moi parce que c’est le seul travail qui me permet de subvenir à mes charges de mère qui doit nourrir un enfant. Et la fatigue qui résulte de cet travail de nettoyeur de la plage ne vous permet même pas de vaquer à d’autres occupations quand vous finissez en fin de journée », déplore Clémence Éwé qui jure que rien ne la retiendrait encore dans sa posture actuelle, si elle trouve un autre travail moins stressant et fatiguant.
A notre départ des lieux, elle continuait sa lutte implacable contre l’insalubrité au bord de cette plage. Elle doit bien justifier son salaire de fin du mois. Tout comme Clémence éwé, beaucoup d’autres femmes souffrent en silence face à des travaux ingrats qui les usent à souhait.

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