(Une bouée de sauvetage pour l’ancien faucon du parti Les Démocrates)
Par : Is-Deen TIDJANI
© BOULEVARD DES INFOS
Le mercredi 1er juillet 2026, le Conseil des ministres, réuni sous la présidence de Romuald Wadagni, chef de l’État et chef du gouvernement, a validé la composition du nouveau Conseil économique et social (CES). Dans la liste des nouveaux entrants figure un nom qui fait parler : Guy Dossou Mitokpè.
D’opposant farouche à « un retour dans les rangs »
Ancien député de la 7ᵉ législature, ex-président de la FNEB (Fédération nationale des étudiants du Bénin) et ancien secrétaire national à la communication du parti Les Démocrates, Dr Guy Dossou Mitokpè s’est longtemps illustré comme l’un des porte-voix les plus tranchants de l’opposition.
Durant les 10 années où Romuald Wadagni était ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances dans le gouvernement Talon, Dr Mitokpè ne ménageait pas ses critiques contre le régime. Son discours, bâti sur « l’intégrité », la « fidélité » et la « loyauté », en faisait une figure de proue de la contestation du pouvoir Talon.
Le tournant intervient le dimanche 22 mars 2026, date à laquelle il annonce sa démission « spectaculaire » du parti du peuple, Les Démocrates. Dans sa déclaration, il évoque « la fin d’un cycle », après de larges consultations de sa base de la 16ᵉ circonscription. Sans polémique directe, il affirme quitter « sans amertume » pour « regarder vers l’horizon ».
Quelques semaines plus tard, il apporte publiquement son soutien à Romuald Wadagni, après que Les Démocrates ont renoncé à présenter un candidat à la présidentielle du 12 avril 2026.
Le CES comme point d’atterrissage
La nomination de Guy Dossou Mitokpè au Conseil économique et social (CES), au titre de l’Assemblée nationale pour le département de l’Atlantique, intervient donc après ce repositionnement. Le Conseil des ministres présidé par Wadagni a entériné cette entrée aux côtés d’autres figures comme Patrick Djivoh et Isidore Gnonlonfoun.
Pour de nombreux observateurs, c’est un signal fort : l’ancien opposant intègre une institution consultative de la République, après avoir tourné la page de son engagement partisan. Le président Wadagni, qui l’avait côtoyé de l’autre côté de l’échiquier politique, lui offre ainsi un cadre institutionnel pour poursuivre son engagement « sous d’autres formes ».
Une démission qui trouve réconfort
En validant sa nomination, Romuald Wadagni envoie un message politique clair : la démission de Guy Dossou Mitokpè n’est pas une sortie par la petite porte, mais le début d’un nouveau chapitre. En effet, loin des tensions de l’opposition, l’ex-secrétaire à la communication du parti Les Démocrates retrouve une place dans l’appareil d’État. Sa décision du 22 mars 2026, présentée comme « la fin d’un cycle », trouve désormais réconfort au sein du CES, sous la présidence de celui qui fut son ancien ministre des Finances.
Une bouée de sauvetage politique, en somme, qui consacre le ralliement de l’un des anciens « faucons » de l’opposition au nouveau pouvoir.




