Par : Is-Deen TIDJANI
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Le verdict des urnes a été sans appel : 94,27 %. Un score qui, au-delà de l’éclat statistique, agit comme un puissant accélérateur de responsabilités. Pour Romuald Wadagni, le technocrate devenu président de la République, le temps de la célébration sera court. Dès ce dimanche 24 mai 2026, alors que depuis le palais des congrès de Cotonou, il prête officiellement serment pour son septennat, l’horloge des « 100 jours » s’enclenchera, et avec elle, l’obligation de transformer une légitimité record en résultats tangibles.
Le défi de la « Prospérité dans l’Assiette »
Le premier défi du président Romuald Wadagni sera celui du pouvoir d’achat. Si le candidat Wadagni a été plébiscité pour sa maîtrise des agrégats macroéconomiques, le Président Wadagni,lui, est plus attendu sur la microéconomie du quotidien. Dans un contexte de tensions inflationnistes mondiales, les 100 premiers jours devront très rapidement donner des signaux forts sur la cherté de la vie.
La question est simple : comment faire en sorte que la croissance du PIB se traduise par une baisse du prix du panier de la ménagère ? Des mesures fiscales ciblées sur les produits de grande consommation devront sans doute être le premier test grandeur nature de l’agilité de l’homme qui aura fédéré les énergies pour obtenir le taux de 94,27%.
L’Accélération du « Made in Benin »
L’autre grand chantier immédiat du nouveau président de la République sera l’industrialisation. Le président Romuald Wadagni a promis de passer de la stabilisation à la transformation structurelle. Les 100 premiers jours seront scrutés à travers le prisme de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Le marché attend des annonces concrètes sur l’augmentation des capacités de transformation du coton et des produits agricoles. L’enjeu est de prouver aux 94,27% d’électeurs, que l’emploi industriel n’est plus un slogan, mais belle et bien une réalité en marche pour la jeunesse, en République du Bénin.
La confiance des marchés et la diplomatie financière
Ancien grand chancelier de l’échiquier du Bénin, Romuald Wadagni sait que la stabilité du pays dont il prend désormais les rênes repose sur la confiance des investisseurs. Ainsi, sa première sortie internationale ou sa première rencontre avec les bailleurs de fonds sera capitale. Il devra, comme il en l’art, rassurer sur la continuité des réformes tout en imprimant sa propre marque : une gouvernance plus inclusive.
Les marchés boursiers surveilleront sa capacité à maintenir la rigueur budgétaire tout en finançant le volet social ambitieux de son programme.
Le risque de l’hyper-attente
Le principal danger de ces 100 jours réside dans l’immensité de l’espoir suscité par son score. Lorsqu’on est élu avec une telle marge, le droit à l’erreur s’amenuise ou n’existe pratiquement pas. Le peuple béninois, dans sa grande majorité, n’attendra pas sept ans pour constater le changement ; il voudra percevoir, dès les premiers décrets, une rupture dans la méthode de redistribution des fruits de la croissance.
En somme, ces 100 premiers jours du Président Romuald Wadagni ne seront pas une simple période de grâce, mais une véritable course contre la montre. Romuald Wadagni doit prouver que le « génie des finances » qu’il est, est aussi un artisan de la paix sociale par l’économie. La barre des attentes est haute, certes, mais pour l’homme de tous les records, le défi reste tout aussi grand et est à la mesure de l’histoire.


