Bénin : 116 nouveaux évaluateurs formés à l’exigence et à la rigueur pour la sécurité des patients
Le Bénin s’inscrit résolument dans une dynamique de réforme de son système de santé. C’est la conclusion qu’il faut tirer au terme d’une semaine de formation rigoureuse sous la supervision de l’autorité de régulation du secteur de la santé et qui a abouti à la sélection de 116 évaluateurs externes en sécurité des patients.
Par : Is-Deen TIDJANI
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Ces évaluateurs intègrent désormais un pôle national avec une mission très claire : garantir, avec objectivité et intransigeance, la qualité des soins délivrés aux citoyens.
Une sélection exigeante pour une responsabilité capitale
Sur 180 professionnels au départ, seuls 116 ont validé les cinq jours de formation théorique et pratique dédiée à la sécurité des patients. Un parcours intense qui marque, selon le gouvernement, le passage « (…) d’une médecine de moyens à une logique de résultats ».
Chaque acte médical devra désormais être sûr, de qualité et respectueux de la dignité humaine.

Pour Aristide Talon, conseiller à la santé du Président de la République, ce corps d’évaluation concrétise un engagement politique majeur : offrir aux Béninois des soins de qualité et accessibles. Il insiste sur une nouvelle culture de la rigueur financière : « (…) Toutes les structures, y compris l’État, qui vont payer pour le soin à donner, ont besoin de s’assurer que ces soins ont une qualité, pour ne pas considérer que l’argent est jeté en l’air».
« Vous serez les yeux et la conscience du système » : le credo de l’indépendance
Porteur du message du ministre de la Santé, le professeur Benjamin Hounkpatin, Jean Claude Lodjo a fixé la ligne de conduite. Loin de toute logique punitive, la mission des évaluateurs est constructive mais sans complaisance.
« (…) Votre mission ne sera jamais de rechercher des fautes. Votre mission sera de produire une évaluation crédible, objective et équitable permettant aux établissements de santé d’identifier les forces, de reconnaître leurs insuffisances et d’engager des améliorations durables », a-t-il martelé.

Le ton est donné : « Vous serez les yeux du système. Vous serez aussi sa conscience. Votre indépendance, votre intégrité et votre professionnalisme seront le fondement de la crédibilité de tout le dispositif ».
Tolérance zéro pour les manquements : transparence et discipline imposées
Le Docteur Lucien Dossou-Gbété, président de l’Autorite des régulation du secteur de la santé (ARS), a placé la barre haut en clôturant la séance. L’objectif est de passer « (…) des établissements qui fonctionnent sur un pied et demi, avec des événements indésirables nombreux, à des établissements qui roulent à la perfection ».
La rigueur devient la norme : plus question d’attendre un drame pour réagir. « Si un malade se plaint de quelque chose, même si vous pensez que ce n’est pas important, il faut l’écouter, il faut l’investiguer », a exigé le président de l’Ars.
Nouvelle obligation légale : tous les rapports d’investigation, mineurs ou critiques, doivent être transmis à l’Ars. « Les investigations qu’on fait après accident sont des occasions pour apprendre », rappelle Dr Dossou-Gbété. Chaque rapport et chaque évaluateur devront incarner « le respect scrupuleux des principes déontologiques ».
Le Bénin installe une culture de la performance
Avec cette deuxième cohorte, le Bénin muscle son arsenal de régulation sanitaire. En alliant la rigueur des évaluateurs de terrain à la vigilance de l’Ars, le pays impose une culture de la performance et de la transparence.
Premier test grandeur nature : le congrès annuel pour la sécurité et la qualité des soins, prévu en décembre prochain. Ouvert aux chercheurs et aux paramédicaux, il offrira à ces 116 « artisans de la qualité » une première tribune pour prouver que la confiance des populations se gagne par l’exigence.



