Bénin : SOS Civisme et Banouto forment 50 journalistes pour la riposte contre la Corruption sexuelle et la sextorsion
En République du Bénin, le consortium SOS Civisme Bénin – Banouto a organisé, en février 2026, deux ateliers de formation en investigation journalistique sur les faits de Corruption sexuelle et de sextortion. Tenues du 18 au 20 février à Grand-Popo et du 23 au 25 février à Parakou, ces sessions ont permis de renforcer les capacités de cinquante journalistes venus de toutes les régions du pays.
Par : Is-Deen TIDJANI
© BOULEVARD DES INFOS
Inscrite dans le cadre du projet « Stop corruption, Stop VBG », mis en œuvre avec l’appui de l’Agence Française de Développement (AFD) via Expertise France, cette initiative a mobilisé les acteurs des médias et vise à améliorer la couverture médiatique des faits de corruption et de violences basées sur le genre (VBG) avec un accent sur la corruption sexuelle et la sextorsion.

Les participants, issus de la presse écrite, de la radio, de la télévision et des médias en ligne, ont été formés aux techniques d’investigation adaptées à ces thématiques sensibles. Les modules ont porté sur la méthodologie d’enquête, les outils juridiques disponibles, l’éthique journalistique ainsi que l’approche centrée sur la survivante. Une attention particulière a également été accordée à la santé mentale des journalistes amenés à travailler sur ces sujets délicats.
Place à l’action !
Au-delà de la phase de formation, un accompagnement est prévu pour soutenir la production d’enquêtes approfondies. Ce faisant, le Consortium attend des journalistes, qu’ils allument les projecteurs de l’investigation sur les faits de Corruption sexuelle et de sextortion qui affectent principalement les femmes et les jeunes filles.

Pour Hypolite Ezin, Chef Projet à SOS Civisme Bénin, cette formation donne les armes nécessaires aux participants pour produire de bonnes enquêtes et mener des investigations de belles factures sur le phénomène des VBG et sur la sextortion.

Le lancement officiel du premier atelier a été effectué le 18 février 2026 à Grand-Popo par Lionel Gbègonnoudé, Conseiller à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), représentant du président, Edouard Loko.

Dans son intervention, le représentant du président de la Haac a rappelé le rôle crucial du journalisme d’investigation dans le renforcement de la démocratie et souligné l’exigence de la rigueur, du professionnalisme et surtout de leur responsabilité dans le traitement de dossiers aussi sensibles.
Il a également insisté sur la nécessité pour les professionnels des médias, de maîtriser les outils techniques, juridiques et éthiques, indispensables à une couverture responsable de la corruption sexuelle et de la sextorsion. Lionel Gbègonoudé n’a pas manqué d’apprecier et saluer cette stratégie du consortium, visant à renforcer les capacités des acteurs des médias sur le phénomène.
À propos du projet
Lancé en octobre 2025 pour une durée de 18 mois, le projet « Stop corruption, Stop VBG » ambitionne de réduire la corruption et les violences basées sur le genre dans plusieurs communes du Bénin, notamment à Porto-Novo, à Cotonou, à Abomey-Calavi et à Parakou.
Engagements du consortium
À la clôture des deux ateliers, Estelle Akpa N’Kakou, représentante du consortium, a invité les journalistes, au cœur de cette initiative, à mettre leurs productions au service de la lutte contre la corruption sexuelle et la sextorsion, afin de contribuer à endiguer ces fléaux aussi bien au Bénin qu’au-delà de ses frontières.
Les participants apprécient
Ces ateliers de Grand-Popo et de Parakou sont appréciés à juste titre par les participants. Beaudelaire Kantchédé estime que cet atelier de Parakou à travers ces différents modules lui a offert «une occasion d’en apprendre davantage sur les VGB. C’est une initiative qui vient nous aguerrir davantage à travailler autrement dans notre domaine».

La participante Faouziatou Simé déclaré au terme de l’étape de Parakou que cet atelier lui aura permis d’avoir plus de notion sur les VGB et la Sextortion et surtout comment les aborder et comment gérer en tant que journaliste.
Cet avis est aussi partagé par Jessica Gauthé, une participante de l’étape de Grand-Popo. Cette dernière a salué les initiateurs et promet de faire de meilleurs productions dans ce sens.



