(La raison de leur cri de détresse)
Le Collectif des Enseignants Agents Contractuels de Droit Public de l’Etat (ACDPE), Élèves Professeurs Adjoints (EPA) et Élèves Professeurs Certifiés (EPC) de la promotion 2014 du Ministère de l’Enseignement Secondaire lance un cri d’alarme. Depuis la Bourse du Travail de Cotonou, ils ont adressé lundi 31 août 2026, un vibrant appel au Chef de l’État, Romuald Wadagni.
Par : Is-Deen TIDJANI
© BOULEVARD DES INFOS
Après 12 ans de service, ils demandent au Président de la République, Son Excellence Romuald WADAGNI, d’intervenir pour la « restauration de leurs droits et la reconstitution de leur carrière ».
Au cours de leur point de presse tenu à Cotonou, le collectif dénonce plusieurs dysfonctionnements administratifs qui, selon eux, pénalisent injustement les agents.
Les griefs du collectif
Un retard de 2 ans dans l’intégration est à la remorque de leur appel. Attendus en formation sur les années 2018-2019 et 2020-2021 selon l’arrêté de 2025, les enseignants n’ont en réalité démarré qu’en décembre 2022 pour finir en septembre 2024. La conséquence est que leur intégration qui aurait dû intervenir au 1er janvier 2023, a été différée par l’administration qui l’a fixée au 1er janvier 2025. Face à cette situation, le collectif réclame le rétablissement de la date initiale.
Un problème de calcul de l’ancienneté !
Selon l’avenant du 13 mai 2026, les EPA et EPC 2014 n’ont été avancés que d’un seul échelon après 12 ans : A3-2 pour les EPA devenus Professeurs Adjoints et A1-2 pour les EPC devenus Professeurs Certifiés. Le collectif conteste aussi la période retenue pour le calcul, de décembre 2018 à décembre 2024.
Le débat juridique : « le tiers » contre « les deux tiers »
Pour l’avancement, l’administration applique l’article 120 de la loi 2015-18 qui ne retient que 1/3 du temps de formation.
Le collectif invoque l’article 202 du décret 2015-592 portant statut particulier des enseignants, qui prévoit la conservation des 2/3. Les « victimes » demandent l’application du texte le plus favorable.
Les 4 années en CDD ignorées
Selon les conférenciers, Adéagbo Idelphonse, Doha Richard et leurs camarades, avant leur formation, les enseignants ont effectué 4 années sous Contrat à Durée Déterminée. Le collectif demande que cette période de service effectif soit prise en compte dans la reconstitution de carrière.
Les 4 revendications adressées au Président Wadagni
- Prendre en compte la période décembre 2018 à décembre 2022 dans le calcul de l’ancienneté.
- Procéder à l’intégration au 1er janvier 2023 au lieu du 1er janvier 2025.
- Appliquer l’article 202 du décret 2015-592 pour les 2/3 du temps de formation.
- Valider les 4 années de service sous CDD.
Le collectif se veut « responsable et ouvert au dialogue ». Il dit ne pas être responsable des retards administratifs et appelle à une application « cohérente, équitable et juste des textes ».
« Notre doléance est avant tout une doléance de justice administrative et de reconnaissance du service accompli », conclut le collectif.
Lire ici l’intégralité de leur adresse au Chef de l’Etat
POINT DE PRESSE DU COLLECTIF DES ENSEIGNANTS, AGENTS CONTRACTUELS DE DROIT PUBLIC DE L’ETAT (ACDPE), ÉLEVES PROFESSEURS ADJOINTS (EPA) ET ELEVES PROFESSEURS CERTIFIES (EPC) DE LA PROMOTION 2014 DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE POUR LA RESTAURATION DE NOS DROITS ET LA RECONSTITUTION DE NOTRE CARRIERE
Cotonou le ………………………… 2026
1
Mesdames et Messieurs les professionnels des médias, Chers collègues, Distingués invités,
Le Collectif des Enseignants ACDPE, EPA et EPC de la promotion 2014 se prononce aujourd’hui pour porter à la connaissance de son Excellence Monsieur le Président de la République Romuald WADAGNI, et de Mesdames et Messieurs les Ministres de l’Enseignement Secondaire, de l’Enseignement Supérieur, du Budget et de la Fonction Publique, les préoccupations liées à la gestion de la carrière administrative de ces enseignants après douze années de service.
Notre démarche vise à obtenir une application cohérente, équitable et favorable des textes qui régissent notre carrière, afin que les retards administratifs et les mauvais choix d’interprétation des textes ne soient préjudiciables aux agents de l’Etat que nous sommes.
1. Une carrière marquée par des retards qui ne sont pas imputables aux agents
Excellence Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les Ministres, les enseignants ACDPE, EPA et EPC de la promotion 2014 ont été engagés dans un processus de formation professionnelle devant leur permettre d’accéder aux corps des Professeurs Adjoints et des Professeurs Certifiés.
L’arrêté interministériel Année 2025 N°022/MESTFP/MTFP/MEF/DC/SGM/DESTFP/DESG/CJSA/012SGG25 du 27 juin 2025, portant mise en formation, mentionne les années scolaires 2018-2019 et 2020-2021 comme périodes de formation.
Par ailleurs, le décret n°2015-592 du 21 novembre 2015 portant statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du second degré fixe la durée de la formation professionnelle à deux années.
En conséquence, si la formation avait effectivement démarré conformément au calendrier prévu, elle aurait dû être achevée au plus tard en 2022. Les intéressés auraient alors dû être intégrés dans leurs nouveaux corps à compter du 1er janvier 2023.
Or, dans les faits, la formation n’a commencé qu’en décembre 2022 pour prendre fin en septembre 2024. Ce retard administratif ne saurait être imputé aux enseignants concernés. Pourtant, l’administration a retenu le 1er janvier 2025 comme date d’intégration.
C’est précisément sur ce point que porte notre première doléance : la date d’intégration doit être rétablie au 1er janvier 2023, conformément à la logique de l’arrêté de mise en formation et à la durée réglementaire de la formation.
2. Une application différenciée des textes concernant l’ancienneté.
L’avenant Année 2026 N°0144/MESTFP/SGM/DPAF/SGRHTE/DGCPEA/-A-ACDPE-B/SA du 13 mai 2026 permet de constater la manière dont les EPA et EPC 2014 ont été intégré et avancé d’un seul (01) échelon dans les nouveau corps après douze (12) années de service, A3-2 pour les EPA devenus PA et A1-2 pour les EPC devenus PC.
Cet avenant retient notamment une période allant de décembre 2018 à décembre 2024 pour l’application du coefficient de conservation de l’ancienneté et procède à l’intégration des bénéficiaires dans le corps des Professeurs Adjoints à compter du 1er janvier 2025.
Il retient également, pour l’avancement, l’article 120 alinéa 3 de la loi n°2015-18 du 1er septembre 2017 portant statut général de la fonction publique, qui prévoit la prise en compte du temps de formation des élèves fonctionnaires pour le tiers de sa valeur.
Le Collectif estime toutefois qu’il existe une difficulté juridique dans l’application de cette disposition à notre situation particulière.
3. Le débat sur le tiers et les deux tiers du temps de formation
L’article 120 alinéa 3 de la loi n°2015-18 constitue une disposition générale relative à la fonction publique. Il prévoit notamment que le temps de formation des élèves fonctionnaires est pris en compte pour le tiers de sa valeur pour l’avancement d’échelon.
Mais notre situation relève également d’un texte particulier : le décret n°2015-592 du 21 novembre 2015 portant statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du second degré. Son article 202 prévoit, selon notre lecture, un régime spécifique plus favorable concernant la conservation du temps passé en formation pour l’avancement.
Notre argumentation repose donc sur le principe selon lequel, lorsqu’un statut particulier prévoit une disposition spécifique applicable à une catégorie déterminée d’agents, cette disposition doit être examinée prioritairement pour cette catégorie, notamment lorsqu’elle est plus favorable aux travailleurs concernés.
Nous soutenons également que l’article 120 de la loi portant statut général de la fonction publique fait référence au stage probatoire en vue de la titularisation. Or, les agents contractuels de l’État que nous sommes n’ont pas effectué un stage probatoire conduisant à une titularisation. Nous avons été soumis à une période d’essai dans le cadre de notre régime contractuel.
Il convient donc, d’examiner l’applicabilité de l’article 202 du décret portant statut particulier des personnels enseignants plutôt que d’appliquer automatiquement la règle générale du tiers.
4. La prise en compte des quatre années passées sous CDD
Excellence Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les Ministres, une autre préoccupation majeure concerne les quatre années passées sous Contrat à Durée Déterminée. Ces années correspondent à une période effective de service au cours de laquelle les enseignants concernés ont exercé leurs fonctions et ont contribué au fonctionnement du système éducatif national.
Le Collectif demande que cette ancienneté soit examinée et prise en compte dans la reconstitution de la carrière. Nous considérons que le fait que l’avancement n’ait pas été immédiatement amorcé dans l’attente de l’obtention du diplôme professionnel ne devrait pas conduire à effacer quatre années de service effectif.
Notre demande est donc celle d’une reconstitution complète et cohérente de la carrière, prenant en considération l’ensemble des périodes légalement pertinentes.
5. Nos principales revendications
Au regard de l’ensemble de ces éléments, le Collectif des Enseignants EPA et EPC de la promotion 2014 sollicite l’intervention du Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, Chef Suprême des armées, Son Excellence Romuald WADAGNI pour :
Premièrement, la prise en compte de la période allant de décembre 2018 à décembre 2022 dans l’application du coefficient de conservation de l’ancienneté, afin de ne pas pénaliser les agents du fait du retard enregistré dans le démarrage effectif de leur formation.
Deuxièmement, l’intégration des intéressés dans les corps des Professeurs Adjoints et des Professeurs Certifiés à compter du 1er janvier 2023, au lieu du 1er janvier 2025, en tenant compte de la durée réglementaire de la formation et du calendrier prévu par l’arrêté interministériel de mise en formation.
Troisièmement, l’application de l’article 202 du décret n°2015-592 du 21 novembre 2015 pour l’avancement d’échelon, notamment en ce qui concerne la conservation des deux tiers du temps passé en formation, plutôt que l’application de la seule règle générale du tiers prévue par l’article 120 alinéa 3 de la loi n°2015-18.
Quatrièmement, la prise en compte des quatre années de service effectuées sous CDD dans la reconstitution de la carrière, conformément aux dispositions applicables et à la réalité des services accomplis.
Mesdames et Messieurs, Notre doléance est avant tout une doléance de justice administrative, d’équité et de reconnaissance du service accompli à l’endroit du Père de la Nation son Excellence Romuald WADAGNI afin qu’il tourne son regard bienveillant envers nous, Enseignants ACDPE 2014 qui sommes victimes de la mauvaise gestion de notre carrière.
Nous demandons que les textes applicables à notre situation soient examinés dans leur ensemble et que nous les agents, ne soyons pas pénalisés par des retards ou des dysfonctionnements administratifs dont nous ne sont pas responsables.
Après douze années de service, nous estimons légitime de solliciter une reconstitution juste et complète de nos carrières. Nous demandons donc aux autorités compétentes de bien vouloir examiner avec bienveillance nos préoccupations et à ouvrir un cadre de dialogue permettant de parvenir à une solution durable.
Notre démarche demeure fondée sur la responsabilité, le dialogue, la légalité et la recherche d’une solution équitable.
Le Collectif des Enseignants ACDPE, EPA et EPC de la promotion 2014,
demande simplement : la restauration de nos droits, la reconstitution de nos carrières et l’application juste des textes. Nous vous remercions.
LE COLLECTIF
Abonnez-vous à la chaîne WhatsApp du © BOULEVARD DES INFOS



