Bénin : Bilan des 100 premiers jours de gouvernance du président Wadagni en santé et éducation
Du 24 mai au 1er septembre 2026, le Président Romuald Wadagni a bouclé ses 100 premiers jours à la tête du Bénin. Ancien ministre des Finances, il imprime dès l’entame de son mandat une méthode qu’il qualifie de « sociale », avec des effets déjà visibles dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
Par : Is-Deen TIDJANI
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Investi le 24 mai 2026 au Palais des Congrès de Cotonou, Romuald Wadagni a ouvert son septennat 2026-2033 sur une ligne claire : faire en sorte que « la puissance retrouvée de l’État se traduise dans la vie quotidienne des familles ». Cent jours plus tard, le style est posé : décisions chiffrées, échéances claires et priorité au social. Notre rédaction s’intéresse aux premiers bilans, avec un focus sur la santé et l’éducation.
Santé : l’urgence vitale au centre
Le secteur sanitaire a été l’une des premières traductions budgétaires du nouveau mandat. En effet, la prise en charge gratuite des urgences vitales aura été l’une des premières mesures fortes.
Dès le premier Conseil des ministres, le 3 juin 2026, le gouvernement a autorisé le déblocage d’un fonds spécial d’un milliard de FCFA. L’objectif : permettre aux hôpitaux publics de disposer des intrants nécessaires pour soigner sans paiement préalable. Aucun patient en danger vital ne doit rester à la porte.
Modernisation des plateaux techniques
Six hôpitaux de référence sont concernés : le CNHU-HKM, le CHUD Ouémé-Plateau, le CHUMEL, le CHUD Borgou, le CHUZ d’Abomey-Calavi/Sô-Ava et le CHUZ Suru-Léré. Le programme prévoit l’acquisition progressive de colonnes de cœlioscopie, d’équipements d’ophtalmologie et de laboratoires d’anatomopathologie.
Eau et électricité dans les centres de santé
Une enveloppe de 10 milliards de FCFA a été allouée pour raccorder à l’eau potable et à l’électricité tous les centres de santé publics qui en sont encore dépourvus.
Budget en hausse pour le ministère de la Santé
Convaincu que « pour une mission réussie, il faut des moyens conséquents », le gouvernement a revu le budget du ministère à la hausse. Il passe à 198,05 milliards de FCFA contre 150,11 milliards l’année précédente. Cette augmentation vise à accompagner la modernisation des infrastructures et l’amélioration de l’offre de soins.
Éducation : la gratuité et l’équité comme marqueurs
L’éducation est présentée comme un levier d’autonomisation, notamment pour les filles.
Gratuité élargie dans le secondaire public pour les filles
Annoncée en juin 2026, la mesure est entrée en vigueur dès la rentrée scolaire 2026-2027. La scolarité dans l’enseignement secondaire public, général et technique, devient gratuite pour toutes les filles, de la 6ème à la Terminale. L’objectif : réduire les abandons scolaires et favoriser le maintien des filles à l’école.
Renforcement des infrastructures scolaires
Après cette mesure, le gouvernement a mobilisé 20 milliards de FCFA pour accélérer l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans les établissements scolaires qui en manquent encore.
Conditions de vie des étudiants
Un comité interministériel a été mis en place pour évaluer les conditions de vie des étudiants. D’autres chantiers sont annoncés : construction de 1 200 salles de classe, de 30 lycées techniques agricoles et de 8 écoles de métiers.
Le fil conducteur : un social chiffré et ciblé
Au-delà de la santé et de l’éducation, les 100 premiers jours portent la marque de l’expert-comptable : chaque décision sociale est adossée à un montant, une source de financement et une échéance.
Protection des plus vulnérables
Le programme « Gbéssoke » se poursuit. Sont également annoncés : une supplémentation nutritionnelle pour femmes enceintes et enfants, l’accélération du déploiement de l’assurance maladie, et la mise en œuvre d’une plateforme de prestations sociales adossée à un registre national des ménages.
Autre mesure sociale forte notée par l’opinion publique : la baisse de 15 à 30 % des redevances dans les marchés modernes en juillet, avec compensation de l’État pour l’entretien.
Méthode budgétaire
Loi de finances rectificative du 3 juin : le budget 2026 est porté à 4 086,620 milliards de FCFA, avec une hausse de 8,5 % des dépenses d’investissement.
Ce que retiennent les Béninois
Ce premier trimestre est « positivement apprécié » et se caractérise par « des réformes d’envergure et une volonté affichée de proximité ». L’apparition du Président le 9 août à Lokossa illustre cette volonté d’un rapport direct avec les populations.
De nombreux acteurs politiques saluent les avancées en santé et en éducation, tout en appelant à « poursuivre les efforts engagés » car « tant qu’il reste à faire, rien n’est totalement fait ».
À l’heure du bilan
En 100 jours, la présidence Wadagni revendique des effets visibles :
- Santé : 1 milliard pour les urgences, 10 milliards pour l’eau et l’électricité, équipements neufs dans 6 hôpitaux de référence.
- Éducation : gratuité pour toutes les filles au secondaire public + 20 milliards pour l’eau et l’électricité dans les écoles.
- Méthode : décisions budgétées immédiatement et communication de proximité avec les bénéficiaires.
La prochaine étape : la présentation, au cours de ce mois de septembre 2026, du premier Programme d’Action du Gouvernement 2026-2033, qui devra prolonger cette dynamique sociale.
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